Études sur Paris                        promenade poétique dans la Ville Lumière

Les ciné-concerts du Quatuor Prima Vista

 
Paris à la fin des années 1920 est une ville aux visages multiples, ô combien vivante. On y arrive en péniche, par les canaux qui rejoignent la Seine et où s’acharnent des milliers d’ouvriers. De l’Opéra à la butte Montmartre, au rythme des monuments historiques, la traversée de la capitale donne à voir une foule changeante. La promenade se prolonge sur les boulevards qui bordent les fortifications, puis à nouveau au fil de l’eau entre les quais animés des îles de Paris, pour s’achever au coeur du Quartier latin…


Mais par-delà le témoignage esthétique d’un regard d’artiste sur une ville que la distanciation nous fait apparaître en 2012 avec une aura de nostalgie, il reste la pertinence intemporelle de son observation des hommes, des femmes et des enfants qui croisent son objectif. Paris est avant tout une ville humaine : on y travaille sans relâche sur les quais et dans les rues, on s’y déplace comme dans une ruche (modernité et omniprésence des moyens de transports), on y joue (Sauvage porte sur les enfants un regard plein de tendresse), on y flemmarde (le clochard est un personnage leitmotiv du film), on s’y rencontre avec ses voisins, on s’y recueille dans les austères et immuables sanctuaires de la foi, on y croise des artistes (peintres, mais aussi musiciens et acteurs par procuration derrière les murs de l’Opéra et des cinémas), et les couples amoureux s’y font et s’y défont au fil d’une carte du tendre aux chemins entrelacés.


Le film se divise en cinq parties :

- Paris-port : évocation de la Seine, de ses rives, de ses canaux, de ses ouvriers, de son activité industrielle et de sa richesse.

  1. -Nord-sud : traversée de Paris de la Porte de Versailles à la Porte de la Chapelle, en passant par l’Opéra et la butte Montmartre.

  2. -Les îles de Paris : l’île Saint-Louis, l’île de la Cité : Notre-Dame, le Vert Galant et la place Dauphine, pour finir à l’île aux Cygnes.

- Petite ceinture : 35 kilomètres le long des boulevards qui bordent les fortifications, les jeux de Luna-Park et la piscine des Tourelles.

- De la tour Saint-Jacques à la Montagne Sainte-Geneviève : promenade en passant par le Panthéon et le Jardin du Luxembourg.


À l’occasion de la sortie DVD de la version restaurée de ce film, Carlotta Films a commandé à Baudime Jam et au Quatuor Prima Vista la création d’une partition originale. Pour sa première incursion dans l’univers très spécifique du documentaire, le compositeur a imaginé un univers musical empreint d’une poésie «à la française», teintée de nostalgie, mais aussi ponctuée de rythmes jazzy évoquant les Années Folles. La douce monotonie des écluses, l’effervescence des grands boulevards, la mélancolie des terrains vagues, l’élégance des beaux quartiers, le mystère des canaux souterrains, l’incessant ballet des trains, des voitures et des rames de métro, le paisible cheminement de la Seine ponctué d’îlots, le riche foisonnement intellectuel et artistique, l’imposante et sévère présence de Notre-Dame, et la magie tendre de l’enfance : toutes ces nuances se retrouvent au fil d’une partition qui se met fidèlement au service d’un film qu’elle met en valeur avec un sens poétique inné.


Le DVD est sorti le 10 octobre 2012. Le film est également disponible au format DCP (Digital Cinema Package).


Après avoir été créé à Orléans, en présence de la famille d’André Sauvage, ce ciné-concert a notamment été programmé à Paris (cinéma Le Balzac), à Florence (Festival di Populi), et au Barbican de Londres (French Film Festival).

 

Un poème musical et visuel

le film

RÉALISATEUR  André Sauvage

année  1928

durée  1h23

compositeur  Baudime Jam (2012)

Considéré comme le chef-d’œuvre d’André Sauvage, Études sur Paris véhicule la poésie urbaine des Surréalistes (dont le cinéaste était un proche) et capte les habitants, les monuments parisiens avec une sensibilité visuelle extraordinaire. Employant sa caméra comme l’instrument privilégié de sa conscience artistique, Sauvage réalise une démonstration picturale non dénuée d’un certain sens de l’humour. Présenté sous la forme d’une série d’ « études », tel qu’un peintre l’envisagerait, le film est une visite poétique des hauts lieux et des quartiers populaires de la capitale. À la fois marginal et monumental, naturaliste et moderniste, Études sur Paris évoque le même choc esthétique que Berlin, symphonie d’une grande ville de Ruttmann ou Manhatta de Strand et Sheeler.

Ce ciné-concert figure au répertoire de l’ADRC.

 

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