Nana                                  Zola & Renoir

Les ciné-concerts du Quatuor Prima Vista

 

L'histoire se passe sous le Second Empire. Nana, une médiocre actrice de théâtre, joue des pièces légères que viennent voir les bourgeois de Paris. Grâce à ses succès masculins, elle devient une courtisane riche et adulée ; elle quitte donc la scène, et se fait entretenir. Des hommes vont jusqu’à se suicider pour elle, tandis que le comte de Muffat devient l'homme qui se ruine et se déshonore pour l'entretenir et satisfaire son appétit de luxe. Nana le trompe et dilapide son argent. Reprise par le démon des planches, elle se produit au bal Mabille dans un cancan endiablé. Mais le destin veille : atteinte par la petite vérole, symbole d’une justice immanente, Nana meurt, poursuivie par le souvenir de ses victimes.


Publié en 1880, ce 9e roman du cycle des Rougon-Macquart d’Émile Zola, a souvent été porté à l’écran : dès 1910 par le réalisateur suédois Kund Lumbye, puis, après Renoir en 1926, par Dorothy Arzner en 1934, Christian-Jaque en 1955, Mac Ahlberg en 1970, Maurice Cazeneuve en 1981, Dan Wolman en 1983, et Édouard Molinaro en 2001. En raison, notamment, de la saisissante interprétation de Catherine Hessling, l’adaptation de Jean Renoir demeure aujourd’hui encore la plus fidèle au roman de Zola.


La force du récit, sa dimension tragique, et son intemporelle étude de caractères (la fascination des demi-mondaines pour l’argent et la luxure n’a pas disparu avec le Second Empire) expliquent cette riche postérité dans le 7e Art qui s’est emparé avec prédilection de cette fable morale au parfum sulfureux. Pour ce qui fut son premier authentique long métrage, Renoir fait preuve d’une maitrise formelle qui annonce ses œuvres de la maturité. Bien qu'il remporta un succès d’estime, son “Nana” fut néanmoins un échec financier, ce qui contraint le réalisateur à vendre certaines des toiles que lui avait léguées son père, Auguste Renoir, afin de couvrir ses dettes, le film ayant coûté à l’époque un million de francs (64 millions d’euros d’aujourd’hui).


À l’époque de sa réalisation, et par manque de moyens, Nana n’a pas bénéficié d’une partition originale composée : Renoir confia à Maurice Jaubert le soin de faire une compilation de pièces du répertoire classique. Pour la création de ce ciné-concert, qui aura lieu à Paris, Londres et Madrid, le Quatuor Prima Vista accueillera un piano - instrument emblématique des salons parisiens du Second Empire - pour interpréter en direct cette partition musicale qui ne reniera pas son ancrage dans la modernité tout en restant fidèle au credo de son compositeur depuis deux décennies : servir le film et non s’en servir. C’est la pianiste Carmen Martínez-Pierret qui, aux côtés des musiciens du quatuor, relèvera le défi de ce ciné-concert de près de trois heures.


Un événement et une prouesse à ne pas râter : la création parisienne a eu lieu au cinéma Le Balzac le 11 octobre en présence de la Vice-présidente de la "Maison Zola-Musée Dreyfus”, Madame Martine Le Blond-Zola.


Le film est présenté avec un entracte.







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le film

RÉALISATEUR  Jean Renoir

année  1926

durée  2h47

compositeur  Baudime Jam (2019)


EN CRÉATION

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